Pikku

Il était une fois Pikku, de son vrai Magdalena Stroj.

Née dans la neige à Sopot en Pologne, de grandes étendues blanches dans lesquels ses pieds s’enfoncent en faisant frout, Pikku (« petit » en finnois) aime marcher des heures en regardant les dessins glacés des branches des arbres, ces géants silencieux des neiges. A Sopot, il y a aussi la mer et le sable, en été le sable se colle à sa peau et le sel envahit sa bouche et les vagues moutonneuses s'éclatent sur son dos. Et il y a le piano, au Conservatoire, 8 ans de piano classique qui forgent l’oreille, avec la neige et la mer. Pikku à vingt-deux ans, il est temps de voyager, elle prend ses quelques notes de musique, celles qui existent déjà et celles qui ne sont pas encore nées, elle connait déjà le français et l’anglais, c’est à Paris qu’elle s’installera ! Elle joue au théâtre et chante. Elle aime la scène, ces instants de grâce avec le public, elle ne peut déjà plus s’en passer. Sa voix légère s’envole, fragile, elle virevolte sur un accord de piano, des choses simples, aussi simples que le ressac de la mer ou que le frout de son pied dans la neige. Pikku se met au ukulélé, au kalimba, elle fait tout elle-même, les arrangements comme les textes, en français, en anglais, en polonais, en japonais, des langues qu’elle apprend entre deux chansons, alors qu’elle reprend sa respiration. Elle aime croiser les univers, sans les mélanger. Elle chante sur scène, encore et encore, dans des ambiances surchauffées, dans des lieux improbables, seule ou accompagnant des groupes. Elle prend de l’expérience, gagne en assurance. Sa voix cristalline capte, séduit. Il ne lui reste qu’à effectuer sa dernière mue.

Pikku laisse sa peau rose de jeune femme pour se transformer en créature céleste, en elfe des bois. Ses notes scintillent, elles sont aussi transparentes qu’une goutte de rosée le matin. Pour Pikku, le piano est un amour tourmenté et romantique, le ukulélé, un amour léger et guilleret et le kalimba, cet instrument qui remonte aux origines, un accès aux créatures d’autres mondes. De ses longs cheveux or, de ses doigts fins et transparents, dans des costumes de fée venus d’ailleurs, elle compose, chante, joue, se défaisant des codes d’une simple note de son kalimba, ou plus simplement encore, de quelques paroles lancées à capella. Elégante et déjantée, elle prend possession de la scène et du public comme si de rien n’était, avec des arrangements simples et limpides. Sa pop acoustique et lumineuse, donne le sourire, donne envie de courir les bras écartés, même s’il pleut, pieds nus. Ses chansons ressemblent à un amour doux et mélancolique. Elles parlent de ces gestes du quotidien qui font tout le sel de la vie (« As Your Arms Unfold », « Pillow », «J’ai connu la neige » « Les brou brou brou me vloppent »). Le quotidien devient alors une aventure, un conte plein de magie. Pikku nous donne la joie au cœur grâce à sa musique sensuelle, légère, laissant deviner, derrière sa voix si inspirante, la mélancolie des jours qui passent.

Son album "5-3-2-1", c’est le décompte de son rêve qui devient réalité, un rêve qui parle toutes les langues (anglais, français, polonais, japonais) et qui touche toutes les âmes.